(Sorry guys, it’s for Frecnh speaking persons only, it’s all about some French tv show)
Comme toute le monde (oui, TOUT LE MONDE - ou presque - allez, avouez-le) je suis assez fascinée par la télévision, ce champ illimité d’études sociologiques, cette fenêtre ouverte sur un monde exotique mais bien réel. Pour le meilleur (oui parfaitement, il m’arrive de regarder Arte) mais aussi pour le pire, notamment certaines émissions de télé-réalité (visionner La Nouvelle Star à plusieurs, en hurlant “mais c’est pas possible ils vont pas lui mettre quatre bleus quand même, il Benjamin chante comme une patate ” un sachet de M&M’s dans une main et une bière dans l’autre est un plaisir simple et intense que je ne renierai jamais et que j’assume totalement).
Parmi toutes les daubes possibilités offertes par Endémol et consorts, on trouve L’amour est dans le pré sur M6, que j’ai regardée cette semaine, un mélange de Tournez manège ! champêtre, de Ferme sans célébrités et d’Île de la Tentation rurale. Je n’ai aucun-e agriculteur-trice dans mon entourage, j’habite dans une grande ville, autant dire que je n’y connais strictement rien. En plus de me montrer une profession méconnue (même si je doute que tout le monde agricole se reconnaisse dans ce qu’en dit M6, j’en ai bien conscience), l’amour est dans le pré, qui consiste à suivre des agriculteurs-trices à la recherche de l’*amour,* (* * attention, rhétorique de M6) propose un condensé des rapports hommes-femmes que la féministe que je suis aime à décortiquer (généralement pour hurler dans la minute qui suit).
L’année dernière, un candidat dont j’ai oublié le prénom cherchait “une femme qui sache cuire”, comprendre une épouse soumise qui adore faire la popote et servir monsieur. En 2010 attention, nouveau spécimen: Pascal, céréalier dans la Marne.
La moustache qui frise et le t-shirt Iron Maiden plaqué sous la chemise à carreaux, Pascal a l’air de sortir du XIXème ( hormis sa passion pour le hard rock des années 70 et 80). A 38 ans, il n’a jamais eu de vie amoureuse (c’est lui qui le dit, ou plutôt le bougonne maladroitement), cherche une créature féminine à forte poitrine (c’est aussi lui qui le dit), et définit le rôle de l’épouse d’exploitant comme celui d’”un second” (Simone de Beauvoir a écrit Le deuxième sexe et Eric Zemmour Le premier sexe, c’est pas pour rien). Deux femmes seulement se présentent à lui quand certains en reçoivent dix (quelque part c’est rassurant). Nous avons donc Lucie, une grande timide de 24 ans qui n’a pas non plus eu de vie amoureuse (c’est elle qui le dit) et qui semble particulièrement mal dans ses baskets, et Virginie, qui l’air un peu plus aguerrie et partage avec Pascal deux passions : le hard rock et la collection de vieilles cartes postales. Ce deuxième *coeur à prendre* pourrait être une véritable aubaine pour l’agriculteur que l’on devine carrément excité émoustillé, mais voilà, catastrophe, il lui pose la question qui tue, à savoir si elle sait bien cuisiner parce que :
1/ quand il a plein de boulot, il a pas le temps de se faire à manger (qui peut donc s’en charger ? suivez mon regard)
2/ et en plus il a un four neuf quand même (et qui c’est qui va l’étrenner ? suivez mon regard)
Et là ça foire lamentablement (et ça nous réconforte un minimum) : la collectionneuse de cartes postales qui avait malgré tout (on se demande bien pourquoi) pris le parti d’aller passer un peu de temps dans la ferme de Pascal lui pose un lapin monumental le jour où il devait aller la chercher. Résultat, il a juste Lucie sur les bras, qui est un loin d’être un cordon bleu (c’est elle qui le dit), et qui a l’outrecuidance de dire que la hard rock, ça lui fait penser à Téléphone (et ça, pour Pascal, on sent que c’est un crime). La suite au prochain épisode, et déjà, rien qu’avec la vision de notre céréalier qui achète des conserves de coq au vin pour le petit déj, on sent que les futurs évènements peuvent valoir le détour télévisuel.
Évidemment, ce genre de candidat est du pain béni pour M6 : il est complètement voire au-delà du ringard, il est tellement macho que n’importe quel mec lambda a l’air d’un féministe radical en comparaison, on adorerait le voir dans une autre émission géniale, Striptease, bref tout le monde va l’aimer ou le détester, et donc le regarder. Et ce même si je suis tout à fait consciente que la magie du montage va le rendre encore plus caricatural que ce qu’il peut déjà être.
Mais, outre le fait que je n’ai pas parlé des autres candidats (qui - y compris les femmes - ont pour la plupart des idées assez arrêtées sur le rôle de l’Homme et de la Femme avec des majuscules dans le couple et dans la ferme), le fait est que depuis 5 ans que l’émission existe, on n’a jamais vu un agriculteur gay ou une agricultrice lesbienne - or pour autant que l’on sache, le milieu agricole n’est pas censé être comme l’Iran, où les gays et les lesbiennes n’existent pas (sic). Les clichés sexistes se suivent et se ressemblent. Et pour celles et ceux qui ne regardent pas ce genre d’émission, un article très sérieux du Monde paraissait hier, intitulé Les agriculteurs restent marqués par des valeurs traditionnelles
This entry was written by , posted on 10 juin 2010 at 15 h 04 min, filed under Life, tv / movies and tagged hétéro, l'amour est dans le pré, M6, Nouvelle star, Pascal, sexisme, télé-réalité. Leave a comment or view the discussion at the permalink and follow any comments with the RSS feed for this post.
Pendant les deux semaines de préprod à Sainté, on avait mis en place un petit rendez-vous : deux épisodes de la série Mad Men par soir. On y suit les aventures de Don Draper, directeur créatif de l’agence de publicité Sterling Cooper dans le New York de 1961.
C’est rare que je sois complètement à fond pour une série, mais là, Mad Men, c’est du grand art, les personnages, les plans, la photo, l’intrigue, la reconstitution des années 60, tout est soigneusement construit, avec une esthétique très élaborée. J’ai l’impression que c’est au-delà d’une série télévisée, qu’on est carrément face à du cinéma. Vite, viiiiite, la saison 3.
English
While we were in the studio for two weeks, we had decided to set up a daily ritual : two episods of Mad Men every night. One follows the adventures of Don Draper, creative director of Sterling Cooper, a New-York advertising agency in 1961.
‘m rarely totally crazy about tv shows but this one is just art : characters, shots, photography, storyline, the way the 60’s are recreated, everything is carefully built with a highly elaborate aesthetic. I feel like it’s beyond a tv show, it’s cinema. I wanna watch season 3 right now, pleeeease.
This entry was written by , posted on 2 juillet 2009 at 12 h 02 min, filed under tv / movies. Leave a comment or view the discussion at the permalink and follow any comments with the RSS feed for this post.