Voilà bien deux semaines que je bloque sur deux perles musicales. La première c’est MIDLAKE, groupe américain ayant sorti trois albums. J’ai plusieurs années de retard vu que le premier date de 2001 et le deuxième, celui que j’écoute en boucle, (The Trials of Van Occupanther), de 2006. Un mélange de folk et de rock sombre, très belles guitares, claviers envoûtants, voix habitée. Mélodique et lumineux. On pense parfois à Radiohead époque fin 90’s pour les arrangements et le chant.
Ils ont également accompagné John Grant, ex-leader de The Czars sur son poignant album solo The Queen of Denmarksorti en 2010 (merci au passage à Corinne LGT pour me l’avoir fait découvrir ).
La seconde, c’est MEN, le nouveau projet de JD Samson (Le Tigre). Je les ai vus en concert au printemps dernier à Paris pour le festival Les Femmes S’en Mêlent, et j’ai trouvé ça génial. Je peux écouter leur morceau Credit Card Babie$ dix fois d’affilée avec une furieuse envie de danser.
La vidéo ci-dessous est une version assez surprenante avec deux guitares acoustiques et une boîte à rythme
Les cinq premières chansons lues par mon Ipod en mode aléatoire :
THE BEATLES - All you need is love
FRANÇOIZ BREUT - Nébuleuse
MIOSSEC - Dom-Tom
TENDER FOREVER - Make out
THE MILK - Veins
J’ignore pourquoi, mais mon Ipod ADORE Miossec. En mode aléatoire, il me le met super souvent. Il aime bien aussi Calexico, Placebo, les Beatles, et un peu Nine Inch Nails.
Il y a trois ans, quand on m’a commandé une berceuse pour la compilation Have a good night 3 (j’avais déjà participé à la précédente avec Go back to sleep), j’ai naturellement pensé au petit Lucien, le fils d’une de mes amies les plus proches. Il venait tout juste de naître quand je me suis mise à composer le morceau.
Aujourd’hui, Lucien a trois ans, marche, parle, et s’apprête à rentrer à l’école. Joyeux anniversaire Lucien !
Et pour son anniv’, trop sympa le Lulu, il vous donne le lien pour télécharger le titre gratuitement
(Sorry guys, it’s for Frecnh speaking persons only, it’s all about some French tv show)
Comme toute le monde (oui, TOUT LE MONDE - ou presque - allez, avouez-le) je suis assez fascinée par la télévision, ce champ illimité d’études sociologiques, cette fenêtre ouverte sur un monde exotique mais bien réel. Pour le meilleur (oui parfaitement, il m’arrive de regarder Arte) mais aussi pour le pire, notamment certaines émissions de télé-réalité (visionner La Nouvelle Star à plusieurs, en hurlant “mais c’est pas possible ils vont pas lui mettre quatre bleus quand même, il Benjamin chante comme une patate ” un sachet de M&M’s dans une main et une bière dans l’autre est un plaisir simple et intense que je ne renierai jamais et que j’assume totalement).
Parmi toutes les daubes possibilités offertes par Endémol et consorts, on trouve L’amour est dans le pré sur M6, que j’ai regardée cette semaine, un mélange de Tournez manège ! champêtre, de Ferme sans célébrités et d’Île de la Tentation rurale. Je n’ai aucun-e agriculteur-trice dans mon entourage, j’habite dans une grande ville, autant dire que je n’y connais strictement rien. En plus de me montrer une profession méconnue (même si je doute que tout le monde agricole se reconnaisse dans ce qu’en dit M6, j’en ai bien conscience), l’amour est dans le pré, qui consiste à suivre des agriculteurs-trices à la recherche de l’*amour,* (* * attention, rhétorique de M6) propose un condensé des rapports hommes-femmes que la féministe que je suis aime à décortiquer (généralement pour hurler dans la minute qui suit).
L’année dernière, un candidat dont j’ai oublié le prénom cherchait “une femme qui sache cuire”, comprendre une épouse soumise qui adore faire la popote et servir monsieur. En 2010 attention, nouveau spécimen: Pascal, céréalier dans la Marne.
La moustache qui frise et le t-shirt Iron Maiden plaqué sous la chemise à carreaux, Pascal a l’air de sortir du XIXème ( hormis sa passion pour le hard rock des années 70 et 80). A 38 ans, il n’a jamais eu de vie amoureuse (c’est lui qui le dit, ou plutôt le bougonne maladroitement), cherche une créature féminine à forte poitrine (c’est aussi lui qui le dit), et définit le rôle de l’épouse d’exploitant comme celui d’”un second” (Simone de Beauvoir a écrit Le deuxième sexe et Eric Zemmour Le premier sexe, c’est pas pour rien). Deux femmes seulement se présentent à lui quand certains en reçoivent dix (quelque part c’est rassurant). Nous avons donc Lucie, une grande timide de 24 ans qui n’a pas non plus eu de vie amoureuse (c’est elle qui le dit) et qui semble particulièrement mal dans ses baskets, et Virginie, qui l’air un peu plus aguerrie et partage avec Pascal deux passions : le hard rock et la collection de vieilles cartes postales. Ce deuxième *coeur à prendre* pourrait être une véritable aubaine pour l’agriculteur que l’on devine carrément excitéémoustillé, mais voilà, catastrophe, il lui pose la question qui tue, à savoir si elle sait bien cuisiner parce que :
1/ quand il a plein de boulot, il a pas le temps de se faire à manger (qui peut donc s’en charger ? suivez mon regard)
2/ et en plus il a un four neuf quand même (et qui c’est qui va l’étrenner ? suivez mon regard)
Et là ça foire lamentablement (et ça nous réconforte un minimum) : la collectionneuse de cartes postales qui avait malgré tout (on se demande bien pourquoi) pris le parti d’aller passer un peu de temps dans la ferme de Pascal lui pose un lapin monumental le jour où il devait aller la chercher. Résultat, il a juste Lucie sur les bras, qui est un loin d’être un cordon bleu (c’est elle qui le dit), et qui a l’outrecuidance de dire que la hard rock, ça lui fait penser à Téléphone (et ça, pour Pascal, on sent que c’est un crime). La suite au prochain épisode, et déjà, rien qu’avec la vision de notre céréalier qui achète des conserves de coq au vin pour le petit déj, on sent que les futurs évènements peuvent valoir le détour télévisuel.
Évidemment, ce genre de candidat est du pain béni pour M6 : il est complètement voire au-delà du ringard, il est tellement macho que n’importe quel mec lambda a l’air d’un féministe radical en comparaison, on adorerait le voir dans une autre émission géniale, Striptease, bref tout le monde va l’aimer ou le détester, et donc le regarder. Et ce même si je suis tout à fait consciente que la magie du montage va le rendre encore plus caricatural que ce qu’il peut déjà être.
Mais, outre le fait que je n’ai pas parlé des autres candidats (qui - y compris les femmes - ont pour la plupart des idées assez arrêtées sur le rôle de l’Homme et de la Femme avec des majuscules dans le couple et dans la ferme), le fait est que depuis 5 ans que l’émission existe, on n’a jamais vu un agriculteur gay ou une agricultrice lesbienne - or pour autant que l’on sache, le milieu agricole n’est pas censé être comme l’Iran, où les gays et les lesbiennes n’existent pas (sic). Les clichés sexistes se suivent et se ressemblent. Et pour celles et ceux qui ne regardent pas ce genre d’émission, un article très sérieux du Monde paraissait hier, intitulé Les agriculteurs restent marqués par des valeurs traditionnelles